
En principe, soit je fais un résumé, soit je mets la quatrième de couverture. Mais pour ce livre-là, la 4ème de couv’ en dévoile trop, notamment un événement qui n’apparaît que 70 pages avant la fin et qui est plus ou moins le climax du livre…Donc j’aurai dû faire un résumé, mais j’aime pas ça parce que j’ai toujours peur d’en dire trop.
C’est pour ça que je vous fais un mélange des deux, un peu de l’un, un peu de l’autre.
4ème DE RÉSUMÉ : Dans une Grande-Bretagne alternative, la littérature fait quasiment office de religion. A tel point qu’une brigade spéciale a dû être créée pour s’occuper d’affaires aussi essentielles que découvrir la paternité des pièces de Shakespeare, traquer les plagiats ou les faussaires qui écrivent des suites prétendument d’origine, du genre Hamlet 2, le Retour.
Thursday Next (littéralement Jeudi Prochain) travaille dans cette Brigade Littéraire, branche des Opérations Spéciales (OpSpecs pour les intimes), officiellement dénommée OS-27.
Elle va se retrouver confrontée à un criminel ingénieux et qui n’hésite pas à tuer, Achéron Hadès, qui va s’attaquer à un des monuments de la littérature anglaise.
Voilà. Bon, je vous l’accorde c’est pas très excitant. Mais ne vous arrêtez pas à ça, parce que ce livre, c’est d’la bombe, bébé !!!!
Avant tout, une mise au point. L’éditeur (10/18 – domaine étranger) définit ce livre comme « à la frontière entre le thriller littéraire et le conte fantastique ». Je trouve que c’est un peu de la mauvaise foi pour éviter de faire fuir le client, parce que c’est clairement SF/fantastique.
D’abord l’histoire se passe dans un monde alternatif, une Terre autre. Ce n’est pas une uchronie à proprement parlé puisque celle-ci nécessite un événement à partir duquel l’Histoire diverge. Exemple : les Allemands ont gagné la seconde guerre mondiale, Napoléon à gagné à Waterloo. Ici, il semblerait que le monde ai toujours été différent. On a donc plutôt affaire à un monde parallèle : la guerre de Crimée dure toujours (l’histoire se passe en 1985 mais le livre a été écrit en 2001), Churchill est inconnu, le Pays de Galles (l’auteur est Gallois) est indépendant, les dirigeables sont plus courants que les avions et les animaux de compagnies sont clonés (et ce ne sont pas des chiens et des chats…)
Ensuite, il y est question de voyages dans le temps (c’est néanmoins écrit sur la 4ème de couv’ ça), de voyages dans la littérature (au sens propre) et certains personnages ont des pouvoirs spéciaux.
Enfin, les loups-garous et les vampires existent, mais ils n’ont pas d’importance dans cette histoire.
La trame de l’histoire est effectivement policière : un crime a été commis (j’ai pas dit un meurtre), il y a enquête pour retrouver le coupable, dont l’identité est connue et l’empêcher de continuer.
Donc voilà, un vrai roman SF/fantastique-policier qu’on essaye de camoufler en « conte fantastique ». Allergiques à ce genre de romans, réfléchissez-y à deux fois.
Venons-en au fait.
Avertissement préalable : la lecture de ce livre entraîne les effets suivants : addiction et sourire béat dans les transports en commun (si vous êtes en voiture, je vous déconseille de lire quoi que ce soit, même ce livre).
Un pur moment de bonheur, comme j’en ai pas lu depuis longtemps.
Ce livre est un concentré de bonne humeur. Le ton général de l’écriture est très « humoristique », pas qu’on se tape les cuisses de rire mais plutôt que le ton est léger, divertissant, qui met le sourire en permanence devant la découverte de cet univers ou devant les inventions de l’oncle de Thursday : l’expédition des pizzas par fax, le crayon à papier 2B avec correcteur d’orthographe et bien d’autres. Les dialogues drôles fusent, les temps morts sont rares et les scènes d’action sont très cinématographiques, comme l’ensemble d’ailleurs.
Le méchant, Achéron Hadès, est assez charismatique, pas avare de bons mots et très courtois, et qui me fait pas mal penser à Mycroft Holmes dans le genre génie du mal machiavélique.
Le seul problème vient du fait que l’histoire est très ancrée dans la littérature anglaise, surtout celle du XIXème siècle et que je pense qu’il y a pas mal de références pour lesquelles je suis passé à côté. Mais rien qui entrave la lecture et la compréhension de l’intrigue.
Vraiment à découvrir. A noter un tome 2 : Délivrez-moi ! (déjà en poche) et un tome 3 qui sort en novembre en poche Le puits des histoires perdues.
3 commentaires:
Salut Gordien!
J'ai lu ce livre il y a quelques années et j'avoue ne pas avoir été séduite par l'histoire trop brouillonne à mon goût. C'est vrai qu'il y a des trouvailles ingénieuses mais ça n'est pas suffisant. Pour ma part, je possède quelques connaissances en littérature anglaise. Il y a des ouvrages que je porte aux nues et les voir mêlés à cette histoire m'a déplu. Mon sens de la fantaisie doit avoir des limites. A plus. Nougatine.
Hello Gordien,
J'ai adoré ce premier tome et j'ai déjà les deux suivants sur ma PAL.
J'apprécie l'humour, le mélange des genres, ces sauts dans le temps, les noms des personnages, les personnages, tout quoi !
Je viens tout juste de commencer 'Lost in a Good book', le chapitre de l'interview de Thursday est succulent ! Et le dialogue :
'John Smith - Weeds and Seeds'
'Unusual name' I said, shaking his hand.
Merci de m'avoir donné envie de découvrir cet auteur.
cala
Merci à toi et à Cala de m'avoir donné envie de lire ce roman. J'ai mis un peu de temps à accrocher, mais maintenant que je suis lancée, c'est bon !
Petite remarque au passage... je ne serais pas aussi sévère que toi à propos de l'éditeur. Ce roman est difficile à classer : pas vraiment SF (même s'il peut faire penser au courant "steam punk"), pas tout à fait anticipation, un peu fantastique mais pas complètement non plus. Bref, il est à peu près aussi inclassable que "L'Ecume des jours" de Boris Vian.
Je crois que le mot "uchronie" est celui qui convient le mieux... mais dans le fond, on s'en fiche un peu, non ? ;-)
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